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art,sexe et sens

Mercredi 25 mai 2005

Voilà une sculpture sur une place ; elle représente des fruits : une poire, un citron, une orange ou une pomme, je ne sais pas très bien.
Le caractère ambigüe de la scène ne m’avait pas tout de suite frappé - ou disons que la crainte d’avoir des idées « mal placées » me l’avait fait mettre en sourdine. Après, je me suis demandée si le sculpteur avait conscience de l’ambiguité de son travail ; et si oui c’est un fiéfé coquin qui a réussit à vendre à une ville quelque peu bourgeoise une sculpture érotique enrobée sous un projet de simple panier de fruits.
Quant à la ville qui se retrouve avec cette… chose, c’est un peu gênant.
D’après ce que je sais, au départ il était prévu 3 fruits ronds, mais un problème technique a déplacé le troisième fruit à quelques mètres de là, érotisant follement la sculpture. Toujours d’après ce que je sais les habitants alentours pétitionnent pour s’en débarrasser.
Fruit du hasard, ou fruit de l’intelligence créatrice, le résultat en est , à mes yeux, une belle parce que rarissime représentation érotique masculine, qui plus est non vulgaire et sans aucune prétention « réaliste ».
Voilà, j’aime cette sculpture et j’aime aussi son petit pied de nez anti-bourgeois.

Par Lauer
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Jeudi 3 novembre 2005
  Je n’ai pas une tendresse infinie pour le marqueting, mais parfois il dit clairement les choses. Je suis tellement d’accord avec cette phrase qu’il n’y a pas grand chose à rajouter. Sauf peut-être cet autre commentaire sur la beauté, entendu à la radio de la bouche d’un chercheur sociologue, qui dit que le seul critère de beauté traversant les âges et les peuples est la jeunesse.
Y a-t-il de la jeunesse dans une femme ridée fraîchement liftée ? La recherche de la jeunesse, oui, mais la jeunesse ? Quelle est l’application visuelle de la jeunesse et y en a-t-il une ?

 

Par Lauer
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Dimanche 6 novembre 2005
 Pour ma part, je ne suis pas trop choquée par le marketing. Mieux, il lui arrive même de m'impressionner. Tant de compétence, de savoir-faire, d'esprit d'analyse pour arriver à enfoncer les portes ouvertes ! Je finis par trouver du talent aux gens capables d'y passer vraiment du temps.

Dans ce cas précis, la critique n'est pas voilée ; certes le marketing enseigne que ce qui est beau est ce qui plaît. En soi, ce n'est pas une surprise. Et la beauté est une valeur sans fondement, entièrement basée sur le goût dont on sait à quel point il varie... Donc l'axiome n'est pas faux mais le jugement de valeur qui nous fait croire que le marketing tient cet enseignement à tort est, lui, un peu faux ; Nul ne saurait déclarer que ce qui est beau pour lui, l'est de manière universelle, donc le marketing suit une logique implacable : sera déclaré beau ce qui plaira...

Mais nous ne sommes pas dupes. Nous voulons bien admettre cet axiome. Ce que nous n'admettons pas c'est que le nombre fasse le goût et nous fasse prisonnier de celui-ci.    A cela, on doit sans cesse répondre par un souci d'exigence accru et qui ne supporte aucun compromis. Et on peut se souvenir de cette citation d'Albert, à se répéter continuellement comme un slogan de méthode Coué : "N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur." (Albert Einstein).
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Par Agnès Cappadoro
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Jeudi 5 janvier 2006





































Je savais déjà que les dessins d’enfants avaient influencé la peinture (l’art brut, les graffitis et bien des artistes de tous style) mais j’ai récemment observé des liens qui me frappent entre l’art contemporain et les «  installations », sculpture-collage que les enfants réalisent.
En haut un assemblage avec un mouchoir en papier, des morceaux de papier découpés, beaucoup de scotch et deux bouchons de bouteille en plastique.
Au milieu, le « Château » entièrement tenu par du scotch avec un emballage de chocolat au milieu.
En bas un assemblage mural avec un sapin décoré d’étoiles et…..une carcasse de crabe ramassée sur la plage et scotchée à cet endroit précis.
Tous ces mélanges, ces choses récupérées et assemblées ensembles pour des raisons qui nous échappent parfois, ont quelque chose à voir avec les installations des artistes contemporains.
Bien sûr l’école encourage et développe ces aptitudes chez les enfants par ce que le monde de l’art a officialisé, autorisé, encensé ces types d’assemblages et les voilà enseignés dans les écoles (nos aînés auraient-ils été félicités pour leurs assemblages de bouchons, de paille et autres matériaux de récupération ?). La boucle est bouclée.


Par Lauer
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Dimanche 8 janvier 2006

[Emma ; chose promise, chose dûe...]

Lu quelque part "l'art est un éloge à l'amour"... Phrase que je trouve si juste, si pleine de possibilités, si ouverte ; L'art comme un éloge à l'amour de l'autre, auquel on fait le cadeau de soi ; l'art comme un éloge à la matière dont on se sert avec des précautions d'amoureuse ; l'art comme un éloge à la vie dont il est l'expression la plus raccourcie et la plus complète.

Souvent, pour moi, être artiste c'est être une amoureuse... Transie, tremblante, énamourée, amourachée, émue, bouleversée, transportée. C'est parfois simple, juste doux et tranquille, souvent passionné, conflictuel, combattif.

Réflechir à la place que l'art occupe dans ma vie, c'est contempler une tierce personne, un autre être aimant et aimé, auprès de moi, un quelqu'un ou un quelque chose qui offre autant à méditer, qu'à rêver... et très souvent l'oeuvre produite est un écho d'un amour réel, soit par sa représentation, soit pas son appel, soit par son évocation, soit par sa narration, soit par sa sublimation...


  ---------------------------- Extrait de Espace Sociable

Par Agnès Cappadoro
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Mercredi 11 janvier 2006

Morceau de flocon lumineux et pluie en guirlande sur les branches en fin de journée aux lilas début janvier.
Par Lauer
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Mardi 21 février 2006

Il y a quelques semaines, Agnès et moi sommes allées à la présentation du livre de Thomas Hirschhorn « Le musée précaire Albinet » dans une librairie d’Aubervilliers.Nous y avons vu et, surtout, entendu ledit Thomas Hirschhorn présenter son travail. Il y avait tellement de foi en l’art dans son discours, tellement d’exaltation, tellement d’amour de l’art et d’envie de partage de cet amour. C’était délicieux de l’entendre.
Je suis en train de lire le livre, ça m’impressionne.


Par Lauer
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Jeudi 14 septembre 2006
Il y a dans le livre une note sur la sécurité et le fait qu’elle mette des bâtons dans les roues à bien des projets artistiques. Ce phénomène de sécurité est très représentatif de notre époque et il atteint toutes les sphères même celle où l’on espère un maximum de liberté. Je m’interroge souvent sur la sécurité car elle est partout, omniprésente. De même qu’est partout l’encouragement à prendre les devant, savoir prendre des risques. On forme les gens au respect des normes et de la sécurité, puis on leur demande de « savoir prendre des risques au bon moment ». C’est très paradoxal. Et moi même je suis la première à  respecter les contraintes de sécurité, puis de temps en temps à ne pas les suivre, me sentant très coupable à ce moment là. J’essaye de faire des distinctions entre sécurité et sécurité ; j’ai trouvé (peut être) une idée qui est celle de la sécurité qui sauve la vie (qu’il faudra que je respecte) et celle où la vie n’est pas en danger (que je pourrais transgresser), mais ce n’est pas si simple en pratique.
On enlève les bacs à sable (sécurité hygiénique), on enlève les balançoires (oui, il y eu des morts), on met des barrières (cordon de sécurité), on enlève les barrières (risques d’étouffement)…la sécurité est partout et la mort nous guette à tous les coins de rue. On n’a pas envie de mourir, mais à force de tout faire pour ne pas mourir on ne bouge plus. Et c’est bien normal de ne pas avoir envie de mourir, qui osera critiquer la sécurité qui protège nos vies et celles de nos enfants ? Oui, mais prenez des risques, on n’a rien sans rien. Le serpent se mord la queue et il n’y a pas de solution.
La sécurité, donc, préserve la vie, alors j’en suis venue à penser que c’était un concept « féminin » lié à l’instinct de préservation de nos petits. Et, par ailleurs, le concept de « prendre des risques » est qualifié de masculin (ou viril). Les deux s’enlacent et jouent de leur antagonisme allègrement.
La société s’est féminisée de par l’entrée des femmes dans le monde du travail, peut être est-ce toutes ces influences féminines mises bout à bout qui ont porté la sécurité sur un tapis rouge?

Par Lauer
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Jeudi 14 septembre 2006
Le musée précaire Albinet
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le livre sur le projet de Thomas Hirschhorn du « Musée précaire Albinet » : le projet était de faire venir dans un musée construit pour l’occasion dans un quartier défavorisé d’ Aubervilliers en seine-saint-denis des chefs d’œuvre du 20è siècle. De VRAIS chefs d’œuvre, et non pas des reproductions.Le livre relate le parcours long et semé d’embûches pour y arriver et se lit comme un roman d’action. Les discussions financières sont palpitantes et la réussite semble tenir d’un miracle (en fait beaucoup d’obstination) ; au final des Mondrian, des Duchamps ORIGINAUX offerts à la contemplation de ces gens qui n’iraient pas les voir dans un musée (trop chic, trop cher, trop étranger). Le projet est sublime, le résultat aussi.
Réponse d’un artiste sur (et entre autre) :
-la société du spectacle » comme en parle Debors, pour qui notre époque a oublié les originaux et leur force pour ne nous laisser voir plus que des reproductions par milliers.
- les lieux de culture tellement élitiste (par la forme plus que par le fond souvent) tellement chics que l’on n’ose pas y entrer.
« l’art peut changer la vie » c’est ce que dit avec force Thomas Hirschhorn.
Par Lauer
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