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L'énergie de la jeunesse; cette flamme, cette puissance, cette envie de changer le monde, cette force à déplacer les montagnes. Inéluctablement elle disparait, plus ou moins selon le degré d'intensité vécu. Autre chose la remplace, une intelligence, une expérience, une tolérance. Mais ce qui me frappe le plus c'est que cette énergie belle et vitale est la même qui pousse à brûler des voitures en banlieue ou à s'engager comme infirmière pour sauver son prochain. C'est cette même énergie qui rend la passion amoureuse si excessive et qui pousse la même jeunesse à la guerre. Les soldats ont moins de 20 ans, les résistants étaient très très jeunes. Quand j'entends dire du mal de la jeunesse, je ne peux m'empêcher de penser aux résistants qui, sans cette boule de flamme intérieure, n'auraient pas été des héros. On résiste mieux à la torture à 18 ans qu'à 35; on meurt plus aisément d'amour à 18 ans qu'à 35. Cette puissance est une force, à canaliser dans un sens positif plutôt que négatif, et à ne pas castrer car ce serait la vie que l'on tuerais. On se brûle les ailes à la passion de la jeunesse, mais comme lesdites ailes sont amenées à disparaitre de toutes façons, autant les utiliser. Les débordements de flamme (réels) sont la crainte des ainés qui veulent protéger leurs enfants; à chaque âge sa force. |